Corps et espace, Quoi de neuf et construction du sujet

Arrêt d’autobus, 12 janvier 2026

Participants présents : Pierre, Servane, Aurélie, Evi, Eloïse, Najate, Deborah, Lorena, Fanny, Jessica, Diaba, Salka, Del Aram, Nancy, Juvenal, Hélène

Intervenantes : Najate, Diaba

Résumé

Dans une première partie, Najate nous présente son parcours et sa recherche autour du corps et de l’espace, en lien avec la phénoménologie et les travaux de Merleau-Ponty. Dans une seconde partie, Diaba expose son cheminement vers les pédagogies alternatives, et son intérêt particulier pour la question de la construction du sujet au travers de l’expérience du Quoi de neuf et du conseil.

Transcription

Pierre : Alors ben écoutez, c’est gentil de me laisser faire l’annonce. Ça fait quelques mois que j’ai pas été dans la coopérative et je suis bien content d’être là. Donc ce soir nous sommes dans la coopérative, l’arrêt d’autobus du lundi 9 février, et au programme, alors Najate nous a proposé de parler autour du thème corps et espace, et ensuite Diaba autour de l’accueil de la singularité et tout particulièrement à travers la technique pédagogique du quoi de neuf. Voilà. Donc ce sont liés à vos travaux de recherche. Vous présenterez chacune au niveau du temps pour introduire la raison de votre appel, de votre sollicitation. Mais voilà, je le dis d’emblée, c’est pour votre recherche que vous vous intéressez à ces questions. Voilà, donc c’est 19h30. Ça nous fait environ trois quarts d’heure ou 40 minutes chacune pour être sûr d’avoir un peu le temps. Donc ben on commence par vous Najate. Vous voulez vous présenter et nous présenter le petit environnement dans lequel justement vous avez vu ces questions émerger ?

Najate : Oui, merci beaucoup de me donner la parole. Si vous entendez un petit être de dix mois qui débarque, je ferai en sorte de diffuser le petit schéma que j’ai fait mais normalement ça devrait… Je vais prendre quelques minutes pour me présenter et puis présenter aussi ce qui m’intéresse ce soir. Alors pour les personnes que j’ai jamais eu la chance de rencontrer encore, je suis art-thérapeute de formation. Je suis française d’origine marocaine installée à Lausanne. Voilà, pour faire très original, du coup, mon mémoire d’art-thérapie a porté sur le phénomène migratoire et puis l’impact sur le système immunitaire, parce qu’à l’époque je travaillais dans un laboratoire au CHUV, donc à l’hôpital de Lausanne, et puis j’avais eu la chance de pouvoir accueillir des jeunes migrants demandeurs d’asile et puis de me rendre compte, en fait, que leur histoire avait eu un sérieux impact sur leur santé. Et puis donc j’avais traité de ça dans mon mémoire de recherche. Et en parallèle également avec le sujet de la migration de mes parents qui est toute autre puisque c’est une migration économique du Maroc vers la France pour le travail, donc bien moins bien moins complexe. Voilà, mon sujet de recherche porte sur la manière d’habiter l’école. Donc initialement je m’intéresse aux espaces, je m’intéressais aux espaces, à la disponibilité des espaces quand on est dans un établissement scolaire, particulièrement, à la possibilité ou pas de s’exprimer autrement que par le fait de réciter des leçons ou à de se faire évaluer etc. Et puis j’étais intéressée à savoir s’il y avait, justement, des espaces autres où on peut se reposer, s’exprimer, danser, pleurer, dessiner, voilà, tout ça. Donc l’approche était plutôt, disons… j’allais dire matérialiste, mais non, disponibilité matérielle d’un espace, jusqu’à ce que je fasse un stage avec des jeunes migrants, où j’ai eu, justement, un tout petit espace et où j’ai proposé un atelier pour des enfants qui vivaient dans un centre de requérants d’asile, donc en montagne, ici, en Suisse, et qui était, en fait, le premier point de rencontre pour eux de la civilisation suisse après leur départ malheureux de leur pays d’origine. Et donc là, j’ai eu un tout petit espace avec un petit peu de matériel etc. puis on a fait vraiment des choses très très très intéressantes. Ma dynamique a commencé à changer à ce moment-là à me dire mais est-ce qu’il s’agit vraiment de disponibilité d’espace comme espace, voilà, une pièce, ou est-ce que c’est autre chose qui peut y avoir là-dedans ? Donc j’ai repris un master 1 il y a deux ans. J’ai fait une pause. Entre-temps j’ai eu un enfant. Et puis mon sujet de mémoire a mûri et j’ai croisé Pierre qui m’a fait découvrir la phénoménologie. Et là j’ai dit ah mais c’est merveilleux. Ça me parle et à la fois c’est tellement difficile à comprendre, je trouve. Donc j’ai dû écouter au moins 50 podcasts qui disaient sensiblement tous la même chose mais à chaque fois je dois recouper, essayer de comprendre, c’est subtil, c’est fin et à la fois c’est évident. Donc je sais pas, pour moi c’est une notion, en fait, la notion de corps qui n’est plus objet mais qui est sujet. C’est quelque chose qui m’a intéressée dans la dynamique dans laquelle je suis. C’est-à-dire qu’auparavant je formulais mon sujet un peu quelque chose du style habiter l’espace, habiter l’école, espace d’apprentissage et impact relationnel. Et puis là j’essaie de formuler vraiment autrement. Je lirai mes petites notes pendant mon intervention où j’ai dit quelque chose comme « Comment les espaces d’apprentissage deviennent-ils ou non des lieux habitables pour les corps et les relations ?Et dans quelle mesure les dispositifs institutionnels et les médiations mises en place soutiennent ou entravent ce processus ? » Donc je suis un peu dans cette dynamique-là. Voilà pour ma présentation, pour l’intérêt dans le cadre de mon mémoire. Et puis là, j’aimerais, en toute humilité, partager ce que j’ai compris de Merleau-Ponty parce que c’est euh vers lui que je m’oriente. Et puis savoir, vous, ce que vous en savez et puis ce que vous en comprenez également. Donc en fait, ce que j’ai compris de l’approche de Merleau-Ponty en phénoménologie, c’est déjà le point essentiel qui est l’opposition au dualisme cartésien qui est d’un côté il y a le corps et d’un côté il y a l’esprit. Ce que je comprends, c’est que, chez Merleau-Ponty, il est pas question de ce schéma linéaire où on perçoit et puis il y a le corps et puis il y a l’esprit et puis après la boucle est bouclée. C’est vraiment le corps propre, le corps il devient médiateur de notre expérience, c’est vraiment à travers lui qu’on vit les choses, qu’on reçoit, puis il y a une forme de d’interaction avec le monde, interaction avec notre environnement qui est fort. L’esprit en fait partie, c’est pas quelque chose qui est dissocié de nous, de notre corps propre. Il appelle ça le corps propre. Donc c’est vraiment cette interaction là, percevoir et être perçu qui m’a beaucoup parlé. La seconde notion que j’ai comprise, c’est l’engagement actif, c’est-à-dire qu’en fait, on est dans une interprétation qui engage. J’ai vu l’image de, je pense que beaucoup de personnes la connaissent, qui est le vase qui est aussi le portrait, enfin on voit soit un vase, soit des portraits face à face. Donc c’est vraiment l’idée de dire que, finalement, quand on voit, quand on regarde, on voit avec nos propres filtres et puis on a un impact autant sur l’objet qu’on regarde que… Enfin voilà, il y a vraiment cette réciprocité là avec un objet : on ne regarde pas quelque chose et puis on l’intègre, il y a vraiment une interaction. Le troisième point que j’ai retenu, c’est ce qu’il appelle la chair du monde, c’est-à-dire le fait qu’on est en co-appartenance, il y a une forme d’intersubjectivité qui fait qu’on est toujours en relation avec les autres et pas isolés, en tout cas, dans son approche. Et la suivante, c’est le langage qui est pas un outil et pas un instrument : c’est vraiment une manière d’être au monde, c’est-à-dire qu’il dit que ça prolonge notre corporéité. C’est pas quelque chose d’à part, c’est vraiment le prolongement de notre corps. Il dit que c’est ni un outil ni un instrument et que même dans, finalement, dans l’expression non verbale, on dit des choses. Donc c’est bien qu’on part de notre corps. La dernière chose qui m’a semblée, aussi, essentielle et qui est une notion qu’il développe, c’est… il dit « l’ambiguïté, justement, est essentielle », c’est-à-dire que pour moi, je le comprends comme il y a une ambiguïté entre le corps et l’esprit, entre ce qui est subjectif objectif dans le langage et finalement cette ambiguïté, elle est vue au sens noble du terme, c’est-à-dire que c’est par ça qu’il est possible de se déterminer et de laisser le champ de l’expérience ouvert. J’ai noté des mots clés qui m’ont beaucoup parlé et qui sont, par rapport, à mon sujet, donc le corps, la parole, l’affect, les espaces, pour le coup, les histoires, les affects. Et que c’est vraiment une question de quelque chose de vivant. J’ai noté aussi des phrases clés, enfin notamment une qui m’a parlé et qui dit, Merleau-Ponty dit : « Je ne suis pas dans l’espace, je suis avec l’espace. » Ça me parle beaucoup pour mon sujet. Et puis également de la temporalité ou que la temporalité corporelle, elle est pas la temporalité des horloges qu’on a au quotidien, ça m’a beaucoup questionnée. Il prend l’exemple de dire que quand le temps… quand on est en bonne compagnie, on dit souvent que le temps passe vite alors qu’en réalité, il passe ni moins vite ni… enfin, c’est c’est le même temps, mais on le vit intérieurement de manière différente. Voilà, je veux pas trop m’étaler parce j’ai un milliard de fiches et en l’exposant je suis pas sûre d’avoir tout saisi et à la fois mon objectif pour ce M2 n’est pas de devenir philosophe en une année, mais d’essayer de partager avec vous puis d’essayer d’enrichir, en tout cas, ma compréhension de la phénoménologie du corps, de l’espace et de Merleau-Ponty, tout un programme. Voilà, je vais m’arrêter là. Merci de m’avoir écoutée.

Pierre : le vase : on « envisage » le monde, on ne le rencontre que quand, au lieu de « figures », on le voit/vit sous forme de visage (ça, ce sera surtout avec Levinas); la chair, corps propre, est proche de ce qu’on appelle le « pathique » ; le langage : qu’est-ce qui est dans le langage (pas seulement la langue) comme corps ? Être « avec » : c’est cela, être dans le monde, être au monde, co-naître au monde. L’avec, c’est ce qui fait souffrance dans la psychose, par exemple. Danielle Roulot, psychiatre, a écrit un texte magnifique « l’avec schizophrénique ».

2 séances dans la coopé autour de la phéno : une avec Déborah, justement, et une autre avec Jérémy Ianni : 2022.11.08. CoopÉ, satellite. Sémiotique, esthétique. Leroux&al. Roulot, Maldiney, schizophrénie, secondéité pure, esthétique des rythmes

2024.03.17. CoopÉ, Sémiotique, philosophie et esthétique. Ianni. Phénoménologie, enjeux philosophiques et épreuve de la recherche, matin (partie 1, partie 2, partie 3) et après-midi (partie 4). (Quelques couacs techniques, désolé…). Matin : enjeux initiaux de la phénoménologie à partir d’Edmund Husserl, lectures issues de La Nausée de Sartre : celle-ci et celle-là.

Après-midi : évocation de Maurice Merleau-Ponty, sa propre traversée de l’épreuve de sa recherche avec des populations vivant dans un cimetière à Manille. « Quand on arrive dans un espace où l’on fait l’expérience de la très grande pauvreté (pour ne pas dire la misère), comment, plutôt que de se réfugier dans l’une des tentations de partir, se blinder ou s’effondrer, construire la possibilité d’un habitat dans ce qui devient non pas un terrain objectivé, ni un enfer, ni un engouffrement, mais un monde partageable ? »

Pierre : Alors, il y a… oui, vas-y Servane, excuse-moi.

Servane : Ouais. Spontanément comme ça, j’aurais envie de te dire « écoformation » et je voudrais t’inviter à une soirée qu’on va qu’on va organiser, alors a priori, c’était pour les M2 à la base, mais évidemment tout le monde est bienvenu, le 3 mars, si ma mémoire est bonne, qui est un mardi, à 19h avec Pascal Galvani et Orane Bischoff sur la question de l’écoformation. Voilà. Et j’étais en train de te chercher un article que j’ai envoyé à l’année de la recherche pour relecture, donc c’est pas encore relu, c’est pas encore validé par les pairs, tout ça tout ça, mais qui pourrait te parler. Voilà, donc je le cherche et je te l’envoie.

Najate : Merci.

Pierre : Servane, c’est toi qui fais la présidence ou c’est moi ?

Servane : Euh le temps que je cherche l’article, je veux bien que tu le fasses.

Servane : BOURSIER_ARSE_circularité.pdf Ne pas diffuser pour le moment

Nancy : merci Servane pour l’article

Servane : Sur l’émergence de l’esprit depuis le corps des choses aussi chez Billeter, Un paradigme.

Pierre : Cf. au printemps dernier, Jérémy est intervenu à la séance d’Accueillir les singularités (cf. ci-dessous). « Penser l’intersubjectivité à partir du thème de la chair et du corps propre », Françoise Dastur, « Autour de la phénoménologie » (NB. Lire aussi Jean-François Lyotard, La Phénoménologie « Que sais-je ? »). Nathalie Depraz, « Le tournant pratique de la phénoménologie », Daniel Cefaï et Nathalie Depraz « De la méthode phénoménologique dans la démarche ethnométhodologique », Francis Ponge, « Ode à la boue »

Pierre: Ouais, alors d’accord, ok. Alors Déborah puis après je me donnerai la parole.

Deborah : D’abord, je veux bien Servane que tu que tu redises les horaires pour le 3 mars.

Pierre : C’est de 19h à 21h. Voilà, c’est avec Pascal Galvani, c’est dans le cadre… Il y a déjà eu une première séance avec Pascal Galvani qui était très importante, c’est Servane qui s’en était occupée aussi avec nos nos collègues de de Master 2. Et là, vu que c’était tellement intéressant, on fait une petite resucée, voilà.

Servane : Sur un autre sujet puisque on avait fait les kairos et, en fait, au début il y avait des demandes de poursuivre avec l’écoformation mais on arrivait à la fin, on avait même débordé de facilement une demi-heure la séance. Et on n’a pas eu le temps de parler d’écoformation et il y avait des demandes. Donc on s’était dit qu’on rajouterait une séance bonus, voilà. Donc ça sera ça.

Pierre : Allez-y Déborah, on vous écoute.

Deborah : Oui, en fait, je suis très intéressée par ton sujet Najate, il recoupe un peu mes mes thèmes de recherche. Bon moi aussi je suis photothérapeute, donc on est aussi un peu confronté aux mêmes… et j’ai aussi animé des ateliers pour migrants. Et la notion… enfin quand tu parles… il y a plein de choses qui m’ont percutée mais d’abord, quand tu parles de Merleau-Ponty, on peut pas nier qu’il était profondément rattaché à Lacan, c’était un ami de Lacan. Et Lacan il dit que l’inconscient il est comme un langage finalement mais pas comme une langue. Donc un langage c’est pas forcément des mots, c’est un langage du corps, c’est un sourire, c’est une ambiance, donc il y a tout qui parle finalement. Ça c’est une première chose. Et tu parlais de l’intersubjectivité et tu parlais aussi du percevoir et d’être perçu. Alors, moi je travaille justement sur l’interaction voir et être vu. Et c’est d’ailleurs Lacan qui dit que en fait les objets nous voient. Donc, finalement quand on voit, on est en même temps aussi vu, même si c’est pas par d’autres êtres humains qui ont aussi une faculté de voir. Donc, il y a cette interaction finalement et cette réciprocité entre le voir et le être vu. Et donc, il y a aussi le se voir aussi. Et au niveau, alors moi je suis plutôt… j’utilise aussi la phénoménologie mais plutôt psychiatrique. Et à part ça, je suis plutôt dans la psychanalyse. Donc, moi j’ai beaucoup travaillé avec Winnicott mais je vais pas rentrer là-dessus. Mais par contre, il y a beaucoup de post-Winnicottiens qui sont complètement ignorés en France et qui sont plus en Amérique en l’occurrence, donc, avec un référentiel anglo-saxon, on trouve des auteurs qui sont vachement intéressants comme Ogden qui a travaillé beaucoup sur ce qu’on appelle le tiers analytique. Et il explique que, en fait, en thérapie, en analyse, il y a un troisième tiers qui se crée en fait entre le l’analyste et l’analysant. Donc, finalement, il y a quelque chose qui va se créer entre les deux. Je dis que c’est des post-Winnicottien parce que Winnicott, il parle justement, il dit que la psychothérapie, c’est la rencontre entre deux cercles concentriques, euh pas concentriques, deux cercles qui vont se relier et au milieu, c’est l’espace potentiel. Mais mais lui, il parle carrément de la création d’un tiers analytique. C’est-à-dire quelque chose qui va être à la fois créé par les deux personnes, mais qui va être ni l’addition des deux, ni tout à fait l’addition des deux, ni l’un ni l’autre. Et en fait, c’est quelque chose qui va se déposer, qui va se co-créer ensemble. Et pourquoi je te parle de ? Ça pourrait ne pas avoir un écho parce que là, on parle de l’analyse. Mais en fait, c’est exactement pareil dans l’espace pédagogique quand on veut qu’il soit potentiel, justement. C’est-à-dire qu’il y a pas de sujet-objet. Et il y a une création de quelque chose, d’une co-création, comme nous on fait actuellement dans la coopé. Finalement, il y a quelque chose, parce qu’on est tous réunis, qui va sortir, un savoir qui va sortir, en deçà des fonctions qu’on peut avoir ou des occupations qu’on peut avoir par ailleurs. On a quelque chose qui sort de cette rencontre. En fait, de cette rencontre, on co-construit quelque chose qui n’est pas du tout nos thématiques à nous personnelles, qui n’est ni l’addition de tout mais qui est quelque chose qui va se créer, qui va naître complètement de cette rencontre inédite. Je pense que quand on envisage la rencontre de cette manière dans l’espace pédagogique on peut espérer que chacun y trouve son compte. Et puis s’emparer de la connaissance aussi.

Najate : Très très intéressant. Tu disais Ogden, ça s’écrit comment ?

Déborah : O G D E N, Thomas Ogden. Il vit encore, c’est un psychanalyste américain. Il a écrit des livres très intéressants qui, malheureusement, sont pas tous traduits en français. Il y en a un qui s’appelle Sujet en analyse. Rien que l’introduction, elle est absolument exquise.

Najate : Merci beaucoup. Je vais regarder. Merci beaucoup Déborah.

Servane : Du coup Pierre, tu veux prendre la ?

Pierre : Oui, euh, excusez-moi, je suis en train de mettre plein de liens sur, entre autres, alors une journée que justement Déborah vous nous aviez offerte dans le cadre du séminaire qu’on avait appelé « philosophie, esthétique et sémiotique » et où vous nous avez évoqué… alors non pas la phénoménologie de Merleau-Ponty, mais un autre type de phénoménologie qui est très proche, qui est tout à fait compatible, mais qui est pas exactement la même, c’est celle alors qui est reconnaissable autour du philosophe Henri Maldiney, qui est un autre phénoménologue du XXe siècle et qui, lui, s’est beaucoup intéressé à la folie et à l’art. Et, en particulier, il s’inspire de ce qu’on a appelé la phénoménologie psychiatrique, c’est-à-dire toute l’école de psychiatres à la fois inspirés par Freud mais également par la phénoménologie, Binswanger, Von Weizsäcker, Erwin Straus etc. C’est des noms compliqués mais c’est juste pour vous poser si jamais vous les voyez passer. Mais surtout nous on les a rencontrés parce que cette école-là a beaucoup influencé François Tosquelles, l’un des fondateurs de la psychothérapie institutionnelle, et par la suite l’ensemble de la psychothérapie institutionnelle. Et c’est à travers cette médiation que, en particulier, donc Déborah, vous nous aviez proposé une lecture du lien entre la schizophrénie et l’habitat du monde. Et l’habitat du monde dans ces moments dissociés qui sont pas forcément porteurs de psychose mais qui sont très proches sur le plan structurel du vécu qu’est le moment de création à travers, entre autres, un exemple canonique chez Henri Maldiney qui est le moment où Cézanne rencontre le bleu. Voilà, le bleu du ciel et ce qui se passe dans le moment de la fusion défusion de la création. Donc je vous laisse aller écouter Déborah nous parler de ça. Mais je fais des liens juste, en fait, la phénoménologie psychiatrique a aussi, je dirais, deux termes en particulier qui sont importants dans ce que vous avez dit Najate, c’est l’avec, la notion de l’avec est très importante, et la notion également de l’entre, l’entre comme on dit l’entre-deux. Et là, on le doit à un phénoménologue japonais en particulier qui s’appelle Kimura Bin, Bin Kimura qui a écrit un livre sur l’entre. Et l’entre et l’avec, si vous voulez, c’est précisément ce qui manque et qui fait que un schizophrène, un psychotique, un autiste peut très bien rater l’habitat du monde ou l’habiter sur le registre de la souffrance, dans soit l’impossibilité de ne pas se jeter dans le monde, mais de façon absolue, sans avoir sa propre place, sans pouvoir créer son propre habitat supportable, soit au contraire de se protéger de cela en étant à jamais dans une sorte de donjon personnel. Voilà et donc c’est l’effort épique, héroïque, quotidien, permanent qui est regardé dans la clinique. Voilà. Alors ça c’est une veine. Et l’autre veine, toujours dans ce même séminaire mais bien des années plus tard, enfin un ou deux ans plus tard, c’est notre autre ami de la coopérative Jérémy Ianni qui nous a proposé précisément, lui, une entrée dans la phénoménologie via Merleau-Ponty, mais lui qui l’utilise pour précisément aller habiter le monde dans ses confins les plus difficiles à cohabiter avec d’autres, c’est dans l’extrême pauvreté. Voilà. Et donc voilà donc j’ai mis tout ça, la présentation de ces journées, dans le fil de discussion. Alors je vous l’ai dit, Najate, déjà on a échangé mais je le disais pour les autres. Et je précise que si vous voulez aller écouter ce que Najate nous en a déjà proposé, vous pouvez aller dans nos écritures en recherche la semaine dernière c’est une séance où vous nous avez parlé de ça. C’était la séance du du soir. Voilà.

Najate : Merci beaucoup Pierre.

Pierre : Également, Servane, tu as mis le l’exemple, enfin tu as mis tu as évoqué Jean-François Billeter dans Un paradigme et je précise que je suis en train de vous chercher, là, mais c’est toute la première saison du séminaire qui s’appelle « Le sens intègre » qui a été consacrée au rapport justement entre la notion d’intégration, la notion de psychisme, Déborah nous a fait tout un développement sur Winnicott, mais également ensuite avec d’autres comme Jasmine Eudeline et d’autres, nous avons parlé justement de l’intégration comme l’émergence du corps et de la maîtrise du corps, en prenant en particulier un texte de Billeter dans ce livre Un paradigme où il parle du violoniste. Ou du piano, je sais plus, non du violon. Et Jasmine justement, qui actuellement est en thèse autour de cette question, est elle-même violoniste et enseignante de violon. Voilà, donc ça peut vous donner des idées. Je vais mettre tout ça, voilà.

Pierre : écho à Servane: de ce côté-là, on a travaillé cette question dans le séminaire « Le sens intègre », où justement nous parlons de tout cela :

2022.04.04. ETLV IED SEP. Le sens intègre, 5. Autour de Billeter, 2. Rival, Eudeline. Ecriture, intégration, corps, régime artistique

2022.03.14. M2 IED SEP. Le sens intègre, 4. Leroux. Moi-peau, enveloppe psychique, fonction contenante

2022.03.07. SEP, IED. Le sens intègre, 3. Autour de Billeter, 1. Tchouang Tseu, cuisinier, nageur, nocher. Penser à partir de ce qu’on ne peut penser

2022.02.14. IED SEP. Le sens intègre, 2. Leroux. Winnicott, intégration, non-intégration, désintégration

2022.02.07. SEP, IED. Le sens intègre, 1. Ce dont intégration n’est SURTOUT PAS le nom. Tour de table, tour d’horizon, enjeux éthiques

Deborah : D’ailleurs Winnicott a parlé du violoncelliste, en fait, Pierre. Et ça ressemble tout à fait à ce que Billeter dit : à partir d’un certain moment, après avoir appris ses partitions, fait ses gammes etc, et bien il arrive à parler au travers de sa musique, sans partition. Et en fait le geste se fait tout seul. Et en fait Winnicott utilise cet exemple pour parler du métier de l’analyste. Donc il y a quelque chose au niveau de la rencontre qui se fait plus facilement, d’après Winnicott, avec les années. Voilà.

Pierre : vademecum sur le concept d’intégration. Cf. les séances « psychanalytiques » par Déborah Leroux et une journée sur la schizophrénie et la phénoménologie esthétique, cf. supra, séance inaugurale de notre séminaire Sémiotique, philosophie et Esthétique).

Servane : Et si on continue sur cette même lancée sur le geste optimal en musique, mais c’est applicable aussi en sport, en peinture, en ce que vous voulez, on avait L’usage du vide de Graziani aussi.

Pierre : Alors tu peux nous dire L’usage du vide ce que c’est ?

Servane : Euh alors c’est une lecture très vieille donc je vais essayer de me rappeler de tout. En gros c’est… Lui il se questionne sur justement ce qui fait le geste optimal. C’est le geste qui à un moment donné se produit tout seul sous sa propre impulsion, quoi, c’est-à-dire par le corps, mais sous la volonté du corps et sans passer par la volonté de la pensée en fait. Et il travaille ça à partir de la philosophie chinoise. Et donc à partir de cette notion de vide telle qu’elle est dans la philosophie chinoise, ou même japonaise, on a plus ou moins la même chose, voilà cette idée qu’à un moment donné c’est par le vide qu’on peut produire du plein et du nouveau et de l’optimal. Voilà. Je vais vous la mettre dans le chat.

Pierre : Cette question de vide, si on essaie de faire le lien, elle est importante parce qu’elle nous rappelle Billeter etc. mais en quoi est-ce qu’elle est profondément liée à la phénoménologie, Najate ? Elle est liée à la phénoménologie d’abord parce que la phénoménologie est une façon de penser qui a trouvé énormément d’écho dans la philosophie contemporaine, qu’elle soit japonaise ou chinoise. On a cité Bin Kimura. Mais surtout le nom qu’on peut citer, auquel vous pouvez aller vous référer, c’est François Laplantine, qui est un anthropologue que nous avons invité l’an dernier et qui nous a offert une journée entière, d’une part sur la traduction, le passage d’une langue à l’autre, donc ça je pense que ça peut parler à un certain nombre d’entre vous, mais également le matin sur la notion de négativité. C’est un terme qui peut paraître un un peu bizarre, mais le vide est une des figures de la négativité. Ce qu’on appelle la négativité, c’est pas à entendre au sens péjoratif, mais c’est ce qui… en gros, le positif, c’est l’expérience qui nous est donnée, c’est la réalité concrète, etc., c’est aussi toute notre façon d’être quand même dans une forme de pensée dominante qui cherche à tout quantifier, modéliser, tout bien contenir. La négativité, c’est de tenir compte précisément de l’invisible, du non palpable et qui pourtant est là plus que tout, ce qui fait que une figure devient un visage, qu’un corps devient chair. Voilà, c’est impalpable ce qui fait la différence entre la chair et le corps. Le corps, c’est palpable. La chair, si on la palpe, ben on la rate. De la même façon, les lucioles, si on veut les éclairer, elles éclairent plus. Alors ça, c’est un exemple, je le rappelle, qui est donné par, essentiellement, Pasolini, mais qui est repris, entre autres, par l’historien de l’art Georges Didi-Huberman, dont je vous conseille, plus que jamais, d’aller écouter la conférence Minima Lumina. Voilà. C’est c’est une approche de la phénoménologie aussi qui est très bien. Je vais vous mettre le le texte de cette conférence dans le chat. Mais donc, la négativité, c’est très important et, si vous voulez, on en a récemment fait un résumé dans les deux séances de séminaire qui s’appellent le sens du précaire. C’est des séminaires que nous avons tenus le lundi soir en janvier et qui se trouvent accessibles sur la première page de mon site. C’est autour de la thèse de Kakou Adjloua, qui fait sa thèse sur la notion de « petits riens ». Et c’est une notion qui est très très proche de cette humilité du toucher quotidien dont Najate vous parlez et Déborah aussi. Alors, Liakoute en parle dans son travail avec les enfants autistes, mais elle dit en quoi l’écriture de son journal est importante pour repérer ces petits riens et cet ensemble de petits riens c’est cette négativité, ce truc-là qui a priori n’a l’air de rien précisément, mais dans lequel on peut toucher vraiment au quotidien, au monde et à la chair, au visage de l’autre. Même quand c’est un visage qui nous angoisse. Voilà, donc vous pouvez aller regarder ça. Je pense que ça peut vous donner des idées. Je mets tout ça dans le chat.

Najate : Super, merci beaucoup. J’ai pris des notes. Passionnant, merci infiniment.

Deborah : A propos du temps, tu as parlé tout à l’heure Najate de ce temps qui n’est pas forcément le temps des horloges etc. C’est Francis Lesourd qui a beaucoup travaillé sur la notion de l’enveloppe temporelle, du temps. Ca c’est un. Et deuxièmement, j’avais une petite association libre à propos de l’espace. Il y a quelques années, on est allés Pierre et moi visiter un atelier photo, de développement photo au centre CIAPA avec une jeune femme qui s’appelle Agathe Boulanger. C’est un hôpital de jour avec des adolescents, et elle faisait un atelier de développement photo. Et on s’est retrouvés dans une toute petite pièce. Je sais pas si vous savez ce que c’est une chambre noire de développement de photos, comme à l’ancienne. C’est de la photographie argentique avec film. Et donc, en fait, les films sont développés et ça se fait en chambre noire sous lumière inactinique, c’est-à-dire sous lumière rouge, dans une chambre qui est calfeutrée pour pas laisser passer la lumière, sinon ça brûle le film. Et avec plusieurs bacs dans lequel il y a des produits, le révélateur, le fixateur, etc. Et à un certain moment donné, il va y avoir le papier photo qu’on va qu’on va mettre dans le révélateur et l’image va apparaître, en fait, sur le papier et va se révéler. Et en fait, ce hors-temps, finalement, parce que c’est vraiment ça, les ados se retrouvent dans un univers qui est complètement différent de la société dans laquelle on est, qui est hyperactive et qui va à toute allure. Et finalement, le temps s’arrête et ils travaillent sur la notion du temps, de la fabrication d’une image qui va prendre un temps fou. Et en fait, ils se retrouvent dans cette chambre noire toute petite sous lumière rouge. On avait une impression de se retrouver dans un état régressif quasi fœtal, finalement. Et il y avait une ambiance, entre l’odeur des produits, la lumière… Voilà, et donc, Agathe, je crois d’ailleurs que c’est dans le site de Pierre, elle parle des corps qui bougent dans le noir. Et en fait, qui ne se frôlent pas, mais qui se sentent, qui sentent la présence l’un de l’autre. Et vous savez que les aveugles, quand ils passent à côté de murs, en fait, ils les prennent pas les murs, ils les sentent, sans les voir et sans canne. Et en fait, ça me fait penser à ça. Tes corps en présence qui se frottent sans se frotter physiquement.

Pierre : sur la question du corps, de cette présence sensible dans le monde : on peut rapprocher cela d’un questionnement sémiotique et philosophique. Cf. par exemple les deux séances en janvier dernier du séminaire « Le sens du précaire ».

2026.01.26. Sens du précaire. Arabesque et entours. Autour d’Adjloua, Rencontre et écriture, fabrique sémiotique de l’accueil, possibilité d’inscription

2026.01.19. Sens du précaire. Poser un premier tracé. Négativité et petits riens (Adjloua) (2024.02.02 ETLV SPC, 2. Adjloua. Autisme, petits riens, partie 1, partie 2 (journée du séminaire Sémiotique, pratique et clinique) — 2023.12.07. ETLV M2 IED. H&M. Boursier, Adjloua. Non-éducation, petits riens et accueil du contingent)

2022.11.07. Boulanger. Chambre de développement. Photographie et clinique institutionnelle

Éloïse : Je suis désolée je dois vous quitter. Ca va ti : bien et frustrée de ne pas poursuivre. Si ce séminaire est accessible aux M1 alors je souhaiterais m’inscrire. Bonne soirée à tous.

Pierre Johan Laffitte : la Journée Laplantine: 2025.01.17. ETLV M2 IED. H&M. Laplantine, négativité, métissage et pensée. Réponses à nos questions. Suite à la Journée Laplantine (Invites) : matinée sur la négativité, l’après-midi sur métissage et traduction. Cf. l’argument et une lettre que j’ai écrite à l’anthropologue.

Servane : Et la notion de vide dans la philosophie chinoise fait aussi référence aux espaces « Nous clouons du bois pour en faire une maison, mais c’est l’espace intérieur qui la rend habitable. » C’est autant ce qui permet d’habiter que ce qui permet d’être

Del Aram : Il faut inviter une fois à voix haute à la coopé

Hélène : je travaille en ce moment sur l’écoute (avec mes enregistrements et mes questions de montage) et je me demande… est-ce que le silence a les mêmes fonctions que le vide ? pas d’écoute sans silence…

Pierre : Alors, je me permets juste de préciser, il y a Éloïse qui part. Ce séminaire est ouvert à tout le monde. Voilà. Et plus que jamais, je dirais même aux chiens et aux chats. Je pense à Patate. Donc bien sûr Éloïse vous écrivez à Servane, vous dites aux autres, vous écrivez à Servane pour vous inscrire sur la liste. Oui, merci Déborah de citer Agathe. Je précise que Agathe Boulanger fait partie, entre autres, d’un groupe qui s’appelle « À voix haute » et qui est né dans le cadre du DU de psychothérapie institutionnelle et psychiatrie de secteur et qui a décidé de lire les voix de femmes de la psychothérapie institutionnelle. Voilà. Ils ont lancé ça il y a quelques temps, c’est magnifique. Mais, entre autres, oui effectivement Agathe nous a accueillis et c’est vrai que on a fait cet entretien, tout à fait, Déborah, elle et moi. Voilà, donc c’est toutes ces choses-là que vous pouvez aller écouter et qui, je pense, peuvent vraiment faire écho aux unes et aux autres. Voilà. Servane la notion de vide dans la philosophie chinoise fait aussi référence aux espaces. « Nous clouons du bois pour en faire une maison, mais c’est l’espace intérieur qui la rend habitable ». Tout à fait. Alors oui, bien sûr, on peut inviter A voix haute à voir à la coopé, bien sûr. Mais alors mais écoute, dans ces conditions, faut écrire à Agathe ou à Karine ou ou aux autres amis, Léna ou Camille. Tout à fait, si vous voulez, je ferai ce courriel. Je rappelle également un autre lieu où Déborah et moi nous sommes rendus, dont j’ai parlé à Najate mais que je rappelle ici, c’est le lieu « Art & motion » qui a été fondé par Florence Fabre qui est une art-thérapeute. J’en ai parlé dans le cours précédent, c’est elle qui a créé le DU d’art-thérapie institutionnelle. Alors c’est vrai que bon, j’en ai peut-être pas assez parlé etc ici mais bon, Déborah connaît ce lieu, il y a également d’autres d’autres liens qu’on pourrait faire mais, entre autres, Florence Fabre est audible dans la partie « Invites cliniques » de mon site et où, très précisément, elle évoque le lien entre le corps et le lieu, et le milieu dans lequel elle travaille. Voilà, je pense que ça peut faire directement écho, même si c’est pas exactement sur les mêmes thématiques qu’évoquait Déborah, parce que on voit toute la richesse, effectivement, de tout ce thème, mais qui fait fortement écho, et qui est tout à fait, je dirais, compatible et homogène avec ce qui a été évoqué ici. Est-ce que quelqu’un d’autre veut intervenir ? Sinon, je propose qu’éventuellement, Najate, on vous donne le mot de la fin, entre guillemets, parce que il est 20h11. On s’était dit 40 minutes. Si ça vous va ou si je suis pas trop fasciste dans les temps.

Najate : Bon, alors pour clôturer, déjà un grand merci parce que j’ai vraiment beaucoup de choses très très intéressantes à aller creuser et puis c’est aussi rassurant du point de vue de l’orientation que je prends, même si on a tendance à lire lire lire et avoir l’impression qu’on s’enrichit forcément et aussi de se perdre un peu tellement il y a. Et j’essaie de me dire que c’est pas une thèse, c’est un mémoire de master 2 et que c’est un sujet que je j’aimerais beaucoup prolonger par la suite en doctorat. Donc voilà, en tout cas, merci beaucoup pour votre présence, votre écoute, votre participation, c’était très très intéressant, c’est un bon challenge aussi, merci Pierre et Servane. J’ai failli me débiner Servane, j’étais là « Ah mince, Zachary ne veut pas dormir, je ne vais pas pouvoir présenter. » [rires] Donc j’ai pris mon courage à deux mains, merci beaucoup.

Hélène : Merci Najate pour ce partage !

Salka : Merci beaucoup pour ce moment très intéressant. Je dois me déconnecter. bonne soirée

Pierre : C’est à ça que ça sert les arrêts d’autobus. C’était pour pas être seul. Quand on l’a…

Servane : T’as très bien fait, en plus, de prendre ton courage à deux mains.

Pierre : Bon, écoutez. Alors Diaba, je vous laisse pas toute seule, hein, je vous écoute bien précieusement mais je vais vous écouter désormais par le téléphone. Donc je te redonne la présidence Servane ?

Servane : Ok, ben je propose qu’on laisse Diaba peut-être introduire sa proposition d’elle-même.

Pierre : Très bien, parfait.

Diaba : Bonsoir tout le monde. Du coup, moi c’est Diaba, je suis étudiante en master 2 ETLV et Pierre est mon tuteur de mémoire. Je travaille sur les pédagogies institutionnelles, en lien avec le développement de la construction du sujet. Enfin, quand je dis la construction du sujet, je parle du sujet singulier, « je ». Et du coup, j’ai mis pas mal de temps à formuler, on va dire, mon sujet. Au début du M1, en fait, j’étais beaucoup centrée, on va dire, sur la pédagogie alternative. Mais bon, il y a plusieurs pédagogies alternatives et du coup, le sujet était beaucoup trop vaste. Et c’est quand j’ai fait la rencontre de Pierre pour choisir les accompagnements de mémoire, que j’ai pu découvrir la pédagogie institutionnelle et, du coup, les monographies. Et c’est beaucoup, dans un premier temps, par les monographies que j’ai découvert la pédagogie institutionnelle. Et ça m’a beaucoup plu parce que j’avais l’impression, en tout cas, à travers les monographies, d’être vraiment, on va dire, immergée dans la classe. Et donc, petit à petit en fait, j’ai pu découvrir, à travers les monographies, différentes institutions de la pédagogie institutionnelle, et ce qui m’a interpellée plus, c’était ce qui était en lien avec l’expression libre, si je peux dire ça comme ça, et notamment autour du Quoi de neuf et du conseil. Ensuite, du coup, j’ai pu reformuler, on va dire, mon sujet. Pareil, il était encore trop vaste parce que ça portait, du coup, sur le développement de l’estime de soi slash confiance en soi à travers les institutions de la pédagogie institutionnelle. Donc c’est encore, enfin du moins, je pense que c’était encore trop vaste. Du coup, j’ai encore dû resserrer, on va dire, ma question. Et voilà, je voulais aussi, on va dire, mesurer l’impact que ça pouvait avoir sur ce développement là. Mais je pense que c’était peut-être trop audacieux de ma part de vouloir me lancer dans une recherche comme ça parce que c’est beaucoup trop large. Là, aujourd’hui du coup, je veux en venir au sujet du coup que j’aimerais aborder. Du moins ça c’est, je pense que c’est plus ou moins ce sur quoi je veux me concentrer là dans cette recherche. Du coup, ça porte sur la construction du sujet à travers un lieu de parole qui est, je pense, le Quoi de Neuf. Du coup, le Quoi de Neuf, si je peux vous dire à peu près, du moins ce que j’en ai pu comprendre de ce que c’était le Quoi de Neuf et le conseil, parce que c’est deux institutions qui m’intéressent. Pour moi, c’est deux lieux de parole où on peut accueillir le sujet et où il peut s’exprimer de manière libre. Là où j’ai pu faire la différence entre le Quoi de Neuf et le conseil c’est que le conseil, en fait, il laisse place aussi à des moments de décision, ce qui n’a pas forcément, ou je pense ce qui n’a pas lieu en tout cas, dans le dans le Quoi de Neuf. Après pour le moment, j’ai pas pu faire de stage, si on peut appeler ça comme ça, ou aller moi-même sur le terrain pour voir ce que ça donne en réalité. Mais j’ai vu en tout cas ce que ça pouvait donner à travers du coup des textes, des monographies et quelques textes ou livres que j’ai pu lire dans les ouvrages de pédagogie institutionnelle. Voilà.

Servane : Merci. Quelqu’un veut réagir ? Vas-y Aurélie.

Jessica : Diaba le sait, je suis très intéressée, mais je ne peux ni prendre la parole ni m’attarder dans le chat.

Aurélie : Je galère à trouver les boutons à chaque fois. Du coup non, j’ai pas assez de connaissances. Moi ça m’intéresse beaucoup la pédagogie institutionnelle, mais comme je viens de commencer mon M1, j’avoue que pour l’instant je vais avoir des difficultés à t’aider puisque je nage dans les lectures. Mais j’avais une question notamment pour le Quoi de neuf parce que je me dis est-ce qu’on peut utiliser le quoi de neuf pour tout ? Enfin pour une population qui est… Oh je suis désolée… pour une population qui est importante, en fait, sur des… A partir de combien, en fait, de personnes on peut pas utiliser le Quoi de neuf, enfin on peut pas utiliser cette forme de pédagogie. Est-ce que il y a un nombre restreint en fait ?

Diaba : Bah j’allais dire, du coup je vais répondre, mais pour l’instant de ce que j’ai pu en voir, il y avait pas forcément de nombre restreint, mais c’était pas forcément des grands groupes non plus. Moi ce que j’aurais aimé voir c’était vraiment dans une classe de… Enfin du coup je l’ai pas précisé, mais au départ en fait je voulais vraiment observer cette institution là dans des classes de maternelle, mais j’ai pas pu le faire.

Servane : Evi, tu voulais prendre la parole ? Non ? Ok. Est-ce que quelqu’un d’autre a une réaction ou des propositions ou…

Pierre : Si Evi raconte comment tu t’en es servi.

Del Aram : Je peux prendre la ?

Servane : Oui, vas-y.

Del Aram : Alors j’avais une proposition pour les personnes qui aimeraient voir une classe en pédagogie institutionnelle, nous avons mis en ligne avec Pierre dans le projet Volare le film de Anouk Ribas, qu’elle avait fait un film sur les classes coopératives. Et dans ce film en fait il y a différentes parties, le quoi de neuf, le conseil, voilà, ça dure 3h. On l’a mis en ligne sur le site de Volare. C’est un bon commencement. Moi je trouve qu’en fait en expliquant la pédagogie institutionnelle on va pas vraiment capter le nécessaire. Et si vous pouviez voir, si vous pouviez aller dans une classe, c’est encore mieux. Mais au moins si vous n’avez pas l’occasion, la meilleure c’est de regarder ce film. Je vais vous trouver le lien, je vous le mets dans le chat.

Servane : Merci Del Aram. Moi je peux peut-être faire un partage d’expérience, parce que, pour le coup, j’ai pratiqué le quoi de neuf avec des maternelles, des primaires, des collégiens, des lycéens et des étudiants. Donc un peu tous les âges. Sur la question du du nombre max, je dirais que ça dépend des âges, mais que, on va dire, là le max que j’ai fait moi c’est entre 45 et 50. Alors à 45 et 50, j’ai fait à la fac, avec des étudiants qui connaissent pas forcément ça et qui sont peut-être un peu timides. Je dirais que c’est passé mais qu’on est quand même au max. Enfin vraiment moi je pense que ce serait très compliqué à mener à plus nombreux que ça, pour la simple raison que s’il y a beaucoup de personnes qui veulent prendre la parole, ça prend trois heures quoi. Et, du coup, si ça prend trois heures, au bout d’un moment on s’ennuie, il y a une dispersion de l’attention et puis, du coup, on perd complètement tout l’intérêt du dispositif. Après j’ai fait aussi à 45 sur un groupe maternelle lycée, enfin tous tous les âges scolaires, et là clairement on observe que les âges influencent beaucoup la capacité d’attention et donc forcément le plus le plus les âges sont bas, le mieux c’est d’être vraiment vraiment pas nombreux quoi. Et moi je dirais que 10-12 c’est bien chez des maternelles. Au-delà on peut, je pense, certainement mais les maternelles d’autant plus souvent ont vraiment tous envie de prendre la parole, ils ont tous toujours un truc à raconter, alors que les plus grands sont peut-être un peu plus timides… Enfin en tout cas moi dans mon expérience ils sont un peu plus timides. C’est souvent plus long en maternelle à 10, enfin en tout cas moi ça a été souvent plus long en maternelle à 10 que chez des collégiens à 15 ou 20 quoi. Voilà ce que j’aurais pu partager sur le sur ça.

Pierre : Je pense surtout que c’est nous qui pouvons en parler, juste comme Servane.

Del Aram : Je vous ai partagé deux liens. Je me suis rappelé qu’il y avait aussi le film de Calandretas. C’est des écoles qui travaillent en pédagogie institutionnelle. Donc voilà, je vous ai mis deux liens dans le chat. Et par rapport au Quoi de neuf, c’est intéressant parce qu’aujourd’hui j’étais en train d’écrire sur le Quoi de neuf que j’ai pratiqué avec les enseignants en Iran, dans lequel, en fait, en me relisant j’avais vu que bon l’espace du Quoi de neuf est un espace très libre. En fait il faut qu’on puisse aussi accueillir le silence. Et en fait ce que j’avais fait moi, dans ce groupe, c’était pas ça, c’était tout l’inverse parce que j’ai forcé les gens à parler, parce qu’en fait culturellement, dans notre culture, nous on est invités à ne pas parler. En fait c’est une, comment dire, c’est un principe : le moins tu parles, le plus tu es précieuse. Je vais vous envoyer un petit poème, que j’ai retrouvé aujourd’hui pour mon écriture et, j’ai découvert qu’en fait cette mentalité était venue de très loin dans notre culture. Et du coup, j’ai vu que, sans me rendre compte dans le moment, j’ai invité les gens à parler, mais vraiment à insister même. Je sais pas si j’ai bien fait le Quoi de Neuf, c’est très euh… ce n’est pas vraiment le Quoi de Neuf qu’il fallait faire, mais je pense qu’il faut l’adapter par rapport aux situations culturelles surtout. Voilà. Je vous partage là dans deux secondes dans le chat.

Del Aram : https://repository.volare-project.eu/field_view/endavant-ta-lescola-calandretas/

Diaba : Merci

Del Aram : https://repository.volare-project.eu/field_view/les-semailles/

Pierre : Mais dans des situations limites ça a pu étrangement marcher… En L2

Najate : J’ai découvert le « quoi de neuf » récemment et j’ai été profondément touchée par ce que ce moment apporte : un véritable espace de parole, du sens, et surtout du lien. Qu’en penses-tu, Diaba, de cette notion de lien ? Pas vraiment une question :-), mais plus un questionnement. (Désolée, mon petit a besoin de moi, mais je reste à l’écoute.) Merci, Diaba.

Pierre : Nous ferons une séance avec les M1, accueillir les singularités, et diana, sur le qdn. C’est une dimension fondamentale, cette culture. Et ça a marché ?

Déborah : j’ai proposé un « quoi de neuf » en photo dans des thérapies diadiques (enfant parent ou couple) ou des groupes thérapeutiques.

Servane : J’en profite pour lire le chat. Pierre : je pense que c’est surtout nous qui pouvons en parler, juste comme Servane ; je confirme. Alors, je ne sais pas ce que tu confirmes, mais si tu peux nous le mettre, je sais pas à quoi ça faisait référence. Ensuite donc les liens. Mais dans des situations limites, ça a pu étrangement marcher en L2. Oui, complètement. Maintenant on est quand même sur des limites, hein. Je le tenterai pas dans un amphi à 150, hein. Enfin, voilà, je pense que vraiment 50, on est au max, quoi. Najate, j’ai découvert le Quoi de Neuf récemment et j’ai été profondément touchée par ce que ce moment apporte, un véritable espace de parole, du sens et surtout du lien. Alors, moi j’ai envie de dire oui, carrément. Qu’en penses-tu, Diaba de cette notion de lien ? Pas vraiment une question, mais plus un questionnement. Désolée, mon petit il y de moi, mais je reste à l’écoute. Merci. Ensuite nous ferons une séance avec les M1 Accueillir les singularités et Diaba sur le Quoi de Neuf. C’est une dimension fondamentale cette culture et ça a marché ? Peut-être du coup si Diaba et Del Aram vous voulez bien répondre à ces deux questions-là sur la question du lien pour Diaba et sur la culture pour Del Aram.

Diaba : Oui, alors, pour la question du lien, là tout de suite en tout cas je fais référence au collectif. Et je pense que, en tout cas là dans le Quoi de Neuf, le collectif il est quand même important. Mais en fait moi je m’intéresse au je, si je peux dire ça comme ça, dans le nous.

Servane : Merci. Et Del Aram, est-ce que du coup ça a marché, te demande Pierre.

Del Aram : pour retrouver le texte ? Ah si ça a marché le Quoi de neuf ? Oui, oui, ça a marché. Après, je pense que après deux séances, les deux premières séances c’était là où, en fait, moi j’ai insisté beaucoup et après ça a pris. Et les prochaines séances j’ai pas dû insister à ce point-là. Mais je pense que la confiance s’est installée aussi. Voilà, là je vais vous mettre dans le chat la petite analyse que j’ai faite, culturelle, mais je pense que ça joue vraiment. Donc voilà, je me demande jusqu’à où est-ce qu’il faut qu’on reste sur les principes quand on est en train de mettre en place ces institutions ? Voilà. Ça c’était aussi la question que je me suis posée.

Servane : Pour poursuivre sur la question du lien, alors je sais que je l’ai déjà raconté et que un certain nombre de personnes l’ont déjà entendu. Donc désolée pour la redite mais je pense que ceux qui ne l’ont pas entendu, et notamment Diaba, ça peut peut-être leur être utile d’écouter cette histoire-là. La fois où j’ai mis en place justement mon premier Quoi de neuf à l’université, donc c’était les fameux L2. Ils étaient 50. J’ai su qu’ils étaient 50 dans le groupe la veille au soir. Je ne connaissais pas la salle. Je savais pas ce que j’allais pouvoir faire là-dedans. Et je suis arrivée, comme je disais, un peu les mains dans les poches à ce cours, en mode on va co-construire ensemble, donc j’arrive avec des idées déjà plus ou moins de ce que je peux proposer, mais avec pas forcément des choses très bien cadrées quoi. Et j’arrive, je sais juste que je vais faire un Quoi de neuf, un conseil qu’on va discuter. J’arrive, je vois 50 personnes devant moi qui, je dis : « Bon, on va on va s’y mettre », qui d’un seul coup font ça sur leur table. Je me dis « Oh putain ça va être compliqué de mettre… enfin voilà, va falloir défaire un certain nombre d’automatismes. » Et puis euh… parce que j’ai vraiment 50 bons élèves quoi, qui se sont mis d’un seul coup à travailler devant moi. Et donc je commence à proposer le Quoi de neuf, j’essaie d’expliquer ce que c’est, d’où ça vient, pourquoi on fait ça etc. Et puis ben j’ai deux premières prises de parole qui sont vraiment très… enfin « Bonjour, je m’appelle machin. » enfin c’est assez euh… au début je sens que c’est timide quoi, ils essaient mais ils osent pas trop partager des choses. Et puis il y a une jeune femme dans les étudiantes qui est un peu plus âgée que les autres. Bon, j’ai appris plus tard qu’elle était directrice de périscolaire en Montessori, donc elle était quand même un peu déjà dans les éducations alternatives etc, plus ou moins déjà au fait de ce que c’est qu’un Quoi de Neuf. Et elle à un moment donné, elle a levé la main et elle nous a partagé que elle était très inquiète parce que son chat était malade, que son chat était chez le vétérinaire et qu’elle savait pas trop si son chat allait survivre, qu’elle était vraiment très très inquiète. Et là, tout le monde s’est retourné vers elle, tout le monde a fait « Oooooohhhhhh ». Et en fait, là, j’ai su qu’on avait, que quelque part j’avais gagné, enfin elle nous a fait gagner quelque chose qui est que d’un seul coup, c’est toutes ces personnes-là et ils m’en ont témoigné après, qui ne se connaissaient pas, la plupart ne savaient même pas comment ils s’appelaient alors que ça faisait déjà deux ans qu’ils travaillaient ensemble. Chacun restait un peu dans son coin, avait un peu peur de parler aux autres etc. Bah, d’un seul coup, ça a amené de l’humain dans ce groupe. Et, ça a créé du lien, effectivement, c’est-à-dire que ce simple geste de dire, de partager quelque chose de personnel, une inquiétude, qui a touché tout le tout le monde dans la classe, en fait, a largement contribué à faire tout le travail qu’on a fait ensuite, avec une approche plutôt coopérative comme vous pouvez le connaître si vous suivez les séminaires de Pierre ou la coopérative. Voilà. Donc, je suis d’accord avec cette idée de ça contribue à créer du lien. Voilà, je voulais juste vous partager cet exemple-là. Vas-y Del Aram.

Del Aram : Ce qui m’a toujours inquiétée, en faisant des Quoi de Neuf, c’était des paroles où en fait, je pouvais pas réagir, que j’avais aucune réponse. Même dans les classes, quand je voyais que, par exemple, un enfant qui disait « Mon père a frappé ma mère. » Silence total. Bah, en fait, je voyais même la maîtresse qu’elle pouvait pas réagir. Qu’est-ce qu’on pouvait dire ? Et j’ai fait aussi de cette expérience-là une fois entre les enseignants. Même si c’était moi qui faisait la présidence, il y a eu une autre collègue qui était assez, expérimentée dans le domaine et du coup, elle a répondu et ça m’a soulagée. Mais en fait, le problème avec des présidences du Quoi de Neuf, c’est quand il y a une parole qui est dite et que on peut pas répondre, qu’on peut pas réagir, c’est très dur. Voilà.

Servane : Et du coup, toi, quelles adaptations tu penses qu’il faudrait faire, justement, avec ces problématiques liées aux différences culturelles ? Comment toi, tu envisages les choses ?

Del Aram : Moi personnellement, pour un peu protéger, me protéger aussi face à des situations comme ça, j’avais deux collègues qui étaient très expérimentés que je les invitais vivement à être présentes pendant les Quoi de Neuf. Je leur avais dit que j’ai besoin de leur soutien, d’être sûre que… Bon, moi, je suis plus jeune, dans le groupe et du coup, j’avais besoin de leur présence. Comme ça, je me suis donné cette confiance pour aller au bout. Mais je n’ai pas de stratégie, mais j’aimerais bien réfléchir à ta question, parce que c’est très intéressant de voir si on a pas de backup, qu’est-ce qu’on peut faire ?

Servane : Tu poses la question du cadre, je pense surtout. C’est comment tu encadres tout ça. Evi ?

Evi : Oui, en fait, moi je voulais dire que je me suis servi de la méthode du Quoi de Neuf et avec des enfants de 10 ans pour préparer ensemble un livret de lecture de français, donc de FLE, pour les jeunes, parce que on en avait marre d’utiliser le livre de l’école, donc on s’est dit pourquoi ne pas fabriquer notre livre à nous-mêmes. Et on s’est servi donc de la méthode de Quoi de Neuf. Et en fait bon, ça fait quand même quelques années maintenant, donc j’ai oublié si vous voulez, il faut que je revois un peu mes notes et que je revois les livres. Mais en fait, je me souviens ce qui m’avait étonnée, c’est que, malgré le fait que ces enfants étaient ensemble depuis déjà cinq ans, c’était leur 5e année à l’école, il y avait plein de choses que… ils se connaissaient pas, en fait, suffisamment bien entre eux. Donc quand ils prenaient la parole pour le Quoi de Neuf et qu’en général se présentaient, très souvent ils se présentaient, ils présentaient quelques objets qu’ils aimaient, des petits jouets, ils ramenaient des choses de chez eux pour nous montrer etc. Et donc ça m’a étonné quand même de voir que ces enfants qui étaient là depuis des années ensemble ne se connaissaient pas suffisamment. J’ai trouvé que ça les a aidés quand même de se connaître un peu plus profondément et de passer quand même à l’écoute l’un de l’autre. Ça c’était dans des classes de 25 à 27 élèves. Nous on a des classes entre 17 18 et 25. Et par la suite j’ai eu aussi l’expérience du Quoi de Neuf avec des groupes d’enseignants à Skasiarheio et où, en fait, on était quand même plus nombreux. Et je trouve qu’il y a quand même une ressemblance entre le Quoi de Neuf et la prise de parole du Process Work donc de cette méthode de Arnold Mindell où on se retrouve en général encore plus nombreux, je dirais même cinquantaine de personnes comme disait Servane tout à l’heure. Et je trouve que la méthodologie, en fait, permet à tous ceux qui veulent prendre la parole de la prendre. On n’a on a jamais eu de problème parce que on était trop nombreux par exemple. Voilà, c’est ce que je voulais dire, si ça vous apporte quelque chose.

Pierre : En fait, c’est vraiment dommage pour Diaba, cette impossibilité de voir les classes. On essaie ! Mais il y a dans notre groupe à la fac une efficacité. T’aurais une étude à faire sur notre propre vécu ici. Non ?

Fanny : Je vous écoute malheureusement je ne pourrais pas participer car je m’occupe de mes enfants. J’ai découvert le quoi de neuf avec vous. Je ne le sens pas comme un moment de prise de parole mais comme un lieu de rencontre.

Del Aram : Dans la culture iranienne, la parole est traditionnellement envisagée avec retenue. Elle n’est pas conçue comme un flux continu, mais comme un acte qui engage celui qui parle. Un poème de Nezami illustre avec force cette éthique de la parole mesurée :

با این که سخن به لطف آب است کم گفتن هر سخن صواب است

آب ار چه همه زلال خیزد از خوردن ِ پر، ملال خیزد

کم گوی و گزیده گوی چون دُر تا ز اندک تو جهان شود پر

لاف از سخن چو دُر توان زد آن خشت بود که پر توان زد

Bien que la parole, par sa grâce, soit comme l’eau,

Dire peu est, pour toute parole, la voie juste.

L’eau, même si elle jaillit limpide et pure,

À trop en boire, elle finit par lasser.

Parle peu, parle avec choix, comme la perle précieuse,

Afin que, de ton peu, le monde soit comblé.

On peut se vanter de paroles comme de perles,

Mais ce qui se jette en abondance n’est que brique sans valeur.

Ce texte poétique invite à considérer que parler peu est une vertu, et que la valeur de la parole réside dans sa rareté et sa justesse. Cette conception culturelle peut rendre délicate la prise de parole spontanée dans un cadre collectif où l’expression personnelle est attendue, voire valorisée. Prendre la parole, dans ce contexte, peut alors être vécu comme une exposition excessive de soi, ou comme une parole insuffisamment légitime.

Aurélie : merci beaucoup pour toutes vos échanges. Je dois vous laisser, je suis désolée. Je serais heureuse de te retrouver (Diaba) et tous ceux que nous rencontrerons dans notre séance avec les M1.

Jessica : J’ai proposé le « Quoi de neuf » dans le cadre de stages avec des jeunes « dits » de quartiers. Ils n’ont jamais eu l’occasion de s’écouter ni de s’entendre vraiment (les uns les autres et soi-même).

Pierre : Un qdn tout seul, c’est largement aussi con que le reste sans le qdn… Comment le relier et le reprendre dans d’autres moments de la classe? Où est-ce que ça va faire écho?

Jessica : Le « Quoi de neuf » a pris beaucoup de place et de sens dans notre dispositif.

Aurélie : je vous laisse, je vais m’occuper de mes enfants. le ça va ti : je vais très bien, merci.

Pierre : L’expérience de Servane, Del Aram, mais aussi Evi et Jessica mériterait une étude, un récit. C’est important que vous fassiez partager à Diana, et nous aussi. Précisément, comme ce que dit Del Aram, des choses précises, vraies, pas des généralités.

Jessica : Oui, nous avons souvent dit que le Quoi de neuf mériterait une (plusieurs ?) séance.

Lorena : Le texte de master de Corinne Peladan sur la monographie de l’écolier pourrait être utile. De même, le livre de Pierre où il aborde la culture de la classe qui se développe. J’ai compris qu’il fallait envisager une traduction de la classe à partir de ces mots non dits ou de ces espaces vides qui, en réalité, parlent d’un sujet qui est en classe.

Pierre : La présidence du qdn a toujours été remarquée comme beaucoup plus difficile de conseil par les copines de PI.

Najate : Très intéressant Jessica. Est-ce que ça a « marché » (pour eux) ?

Pierre : Ce que raconte Evi fait écho au travail de Mathilde Petit qui elle aussi comme Evi travaille à Athènes.

Servane : Je suis d’accord, entre l’excitation de certains, la difficulté d’autres à ne pas envahir l’espace, ou au contraire d’assumer leur parole, etc. Pas toujours évident

Hélène : Je dois vous laisser. Merci pour ces échanges. Je vais bien et je suis contente d’avoir entendu parler de phénoménologie, ça me rappelle d’aller voir de ce côté pour une lecture de mes expériences d’écoute. Je veux bien vous parler de ce que je fais la prochaine fois. Très belle fin de soirée !

Jessica : Oui, pour eux et pour moi, pour nous ! Le « Quoi de neuf » nous a ouvert des portes, vers le conseil, et au-delà !

Servane : Merci. Pierre proposait une idée, Diaba, dans le… alors je vais pas tout lire parce que là il y a eu vraiment vraiment beaucoup. Je vous invite à le lire par vous-même, le chat mais il y avait une proposition qui était est-ce que ça peut pas être justement nous ton terrain ? C’est-à-dire nous les praticiens et praticiennes qui sommes ici voir même, comme tu as pu le voir, on pratique le Quoi de neuf, ici, dans ce séminaire. Et on pratique alors aussi bien là dans celui-ci, dans celui de Jessica, dans le mien, dans les différents séminaires du master qui sont animés par Pierre, ce qui fait quand même déjà pas mal de, on va dire de moments d’observation sur lequel tu pourrais prendre des notes avec en plus, là, une spécificité qui est le le distanciel, faut voir si ça change quelque chose ou pas, mais après même juste des entretiens avec certains d’entre nous ça peut être un bon point de départ.

Diaba : Oui du coup je voulais rebondir par rapport à ce que tu as dit. Oui Pierre il m’en avait déjà parlé du coup, et bah on va dire que sa proposition elle est restée un peu en suspens parce que c’est vrai que j’étais beaucoup concentrée sur l’école. En fait je voulais absolument faire quelque chose dans l’institution qui est l’école. Mais finalement je trouve que c’est quand même intéressant là de faire du coup des observations avec vous dans ces lieux-là.

Servane : Et pourquoi spécifiquement l’école ? Enfin c’est quoi la motivation derrière ?

Diaba : Euh oui, c’est vrai que je l’ai pas expliqué, mais c’est parce que, j’allais dire il y a longtemps, mais c’est pas qu’il y a longtemps, parce qu’en soi là j’y réfléchis, on va dire, mais de base c’est parce que je voudrais être enseignante. Et du coup je réfléchis quand même à comment accueillir la parole des élèves.

Servane : D’accord et donc il y a l’idée derrière que ce serait différent avec des enfants ou avec des adultes, c’est ça ?

Diaba : Ah oui, voilà, c’est ce que je me disais aussi. Mais au final par rapport à ce que vous racontiez un peu là, j’ai l’impression qu’il y a, on va dire, quand même des similitudes dans le sens où quand tu as parlé Servane du fait que tu as pu observer, on va dire, des adultes entre parenthèses qui avaient un côté un peu timide etc. ça me parle. Et en fait moi j’étais plus centrée par rapport à cette question de timidité chez les enfants que chez les adultes.

Pierre : Diaba, vous avez vos entretiens de recherche ! Et quand on le pratique, ça veut dire qu’on s’est aussi cassé les dents…Je vais aussi faire passer sur le Moodle un mémoire de Céline Faglain, enseignante stagiaire qui raconte la mise en place et la naissance du groupe.

Déborah : on ne peut rien comprendre que ce qu’on a soi-même expérimenté … je crois que Fernand Oury disait quelque chose comme ça, non ?

Servane : Ouais, moi je sais pas, du coup Evi toi qui as aussi l’expérience de plusieurs âges, moi je trouve ça plus facile avec les enfants. Genre beaucoup plus facile. Ce qui peut être compliqué, c’est de contenir les euh… Bah alors c’était particulier pour moi parce que j’avais beaucoup de petits excités, TDAH machin, donc forcément ça pouvait facilement partir en cacahuète. Mais c’était surtout contenir le trop-plein d’excitation quand il y a vraiment quelque chose qu’on a envie de dire, qu’on a envie de dire, mais qu’il faut qu’on attende que le copain il ait terminé. C’est plus sur la gestion de l’inhibition de chacun, sur la gestion du trop-plein d’émotions parfois etc que ça pouvait être difficile chez les enfants. Mais j’ai trouvé que c’était beaucoup plus facile, enfin eux pour eux ils ont une facilité à parler d’eux qui est beaucoup plus immédiate, en fait. Ils sont moins à se prendre la tête avec ce que les gens autour pourraient éventuellement penser. Alors que chez les adultes je trouve ça beaucoup plus compliqué personnellement.

Del Aram : Oui, je suis d’accord avec toi, Servane. J’avais la même réflexion même si j’ai vu des classes et j’ai pratiqué avec des adultes, pour moi faire un quoi de neuf ou un conseil avec des adultes était beaucoup plus difficile qu’avec les enfants. Et il y a beaucoup de résistance quand même chez les adultes.

Servane : Et d’ailleurs soit dit en passant ça je trouve que c’est encore plus vrai pour le conseil, hein. C’est-à-dire que moi avec les enfants, l’expérience que j’ai du conseil avec les enfants, même avec des petits petits hein, même avec des maternelles, ils sont hyper créatifs pour ce qui est d’essayer de trouver des solutions qui fonctionnent pour tout le monde, enfin qui soient acceptables et habitables pour tout le monde, ils sont beaucoup moins accrochés à leur idée, ils sont beaucoup moins en train d’essayer de défendre leur point de vue, quand ils voient que ça prend pas ils renoncent très facilement je trouve, il y a beaucoup plus, j’ai eu vraiment vraiment vraiment beaucoup de problèmes d’égo dans des discussions collectives entre adultes, mais alors vraiment vraiment beaucoup, avec parfois même des gens hyper communication non violente etc. qui, en fait, basculent complètement dans un truc horriblement violent, mais par incapacité, en fait, à lâcher prise et à se relier, en fait, tout simplement. Alors que je trouve que chez les enfants c’est beaucoup plus fluide. Euh ouais, ils sont… Ouais ben tu vois, j’allais le dire, le mot pouvoir aussi, ils s’en foutent les gamins. Ça leur parle pas le… Voilà.

Pierre : Le pouvoir, ça fascine ça fait peur. Se mettre à nu, ou quand on le croit, ça angoisse. Normal…

Nancy : Merci pour vos partages de ce soir, c’est chouette de vous entendre. Les concepts phénoménologiques me parlent beaucoup, c’est rafraichissant ce lien avec le corps. Je vais vous laisser, j’ai la migraine qui s’intensifie face a l’ecran, mais sinon, ca va, je tiens le coup malgré les aléas de la vie. A la prochaine!

Diaba : Bah après, enfin pour on va dire plus préciser, ce que je voulais observer c’était vraiment les enfants, on va dire, inhibés ou qui sont silencieux en classe. Je sais pas si vous avez eu l’expérience de pouvoir observer des enfants comme ça.

Del Aram : Alors euh moi dans une classe… vas-y Servane.

Servane : Non, vas-y.

Del Aram : Dans une classe de CE2, CM1, CM2, il y avait trois filles qui étaient muettes complètes pendant le Quoi de neuf et le conseil. Et pendant un conseil, il y a des grands qui ont dit « Ben pourquoi ces trois filles ne disent rien ? Jamais, ni au Quoi de neuf, ni au conseil. » Ensuite, ils ont fait un conseil spécial pour ces trois filles, pour voir en fait quel était le problème, parce que ça faisait 4-5 mois qu’elles ne disaient rien et apparemment elles avaient dit que… enfin pendant le conseil de ces trois filles, j’étais pas là, mais du coup j’ai eu les résultats qu’ils ont dit que les filles avaient peur, de parler avec les autres. Et du coup ils ont fait des conseils et des Quoi de neuf spécial pour les petits. Donc ça c’était la solution qu’ils avaient développé pour eux.

Pierre : Pas sûr… Cf. Qui c’est l’conseil, de Catherine Pochet. Oui, ça arrive beaucoup. Cf. Ma maman monographie de Fatiha. L’exemple de Del Aram est précieux.

Servane : Moi j’ai l’expérience d’un petit qui avait… il est arrivé donc chez nous, il avait eu des difficultés dans son école d’avant, et il avait gardé un mutisme sélectif. Donc moi j’ai fait deux ans avec lui, il est resté encore 1 an après. Il a jamais prononcé un mot. Pourtant il parle avec ses parents enfin pas de souci, c’est pas qu’il sait pas parler, c’est juste il veut pas. Et ben même là je trouve que dans dans le Quoi de neuf, alors au début évidemment il voulait jamais prendre la parole, assez logique, mais en fait au fur et à mesure il a développé des stratégies pour quand même participer sans participer, enfin sans parler. Alors au bout d’un moment il signait, on lui avait proposé des pictos, pour qu’il puisse s’exprimer. Mais il avait aussi développé une amitié avec une service civique, en qui il avait confiance et avec qui, justement, il y avait pas ce mutisme, c’était la seule. Donc on se débrouillait pour qu’elle soit là, il lui disait à l’oreille, elle répétait tout haut, ou des choses comme ça. Ou simplement, ouais il se débrouillait en faisant des gestes comme ça. Alors c’est pas forcément de la langue des signes bien… voilà c’est pas de la langue des signes maîtrisée mais voilà, il trouvait d’autres manières de signer ce qu’il voulait dire et ça a jamais, enfin voilà, on a toujours… enfin on l’a pris tel quel quoi. Et je pense que ça a contribué, parce que j’ai vu, moi, quand même, chez cet enfant-là, au fur et à mesure du temps, au début il était vraiment très renfermé et puis quand je l’ai vu la troisième année, je suis revenue une fois à l’école, il y a une fois, j’ai entendu son rire, c’était la première fois que je l’entendais rire, j’ai entendu sa voix, parce que alors, il parlait toujours pas, mais il faisait des « hiiiiinnnn hiinnn hiiiiiiiinnnn » des choses comme ça. Voilà, ça veut dire que, quand même, il y a eu une évolution dans son incapacité à s’exprimer, notamment parle biais de ces moments-là, quoi. Enfin, par le biais de ces moments-là et par l’idée que nous on était extrêmement rigoureuses, dans tous ces moments collectifs, à ce que le cadre de bienveillance soit appliqué de façon très stricte. Il y a pas de moquerie. Et il y a pas moyen qu’il y ait de moquerie. Et il le savait très bien, les enfants. C’était absolument non négociable. Ils savaient que ça c’était quelque chose de sacré et que c’était, voilà, donc, euh, s’il a besoin de faire « hiiinnn hiiiiinnnn » pour parler, ben, il fait « hiiinnn hiiiiinnnn » et personne se moquera de lui, personne ne le regardera de travers. Voilà. Donc, je pense que ça c’est quand même une des règles fondamentales, quoi.

Pierre : Sans loi ni confiance, bref les ceintures et le conseil, pas de parole libre. Danger de mise à mort…

Del Aram : dans le livre de Françoise Thébaudin aussi, il y a une partie qui parle de la mise en place du Quoi de Neuf, et que pendant quelques temps, le Quoi de Neuf s’ouvre, personne ne parle, le Quoi de Neuf est terminé, et elle répète, elle répète le même scénario plusieurs fois, et à un moment donné, un enfant, je sais je me souviens plus qu’est-ce qu’il dit, mais il dit un truc très très personnel, et ça a fait ouvert. Et la fois prochaine, il avait deux personnes, la fois d’après, quatre personnes et voilà. Ouais, elle elle décrit très bien cette partie de commencement d’un quoi de neuf avec l’accueil du silence.

Servane : Quelqu’un d’autre veut partager ? On a Pierre qui nous dit qu’il nous quitte et que ça va très bien. J’ai vu d’autres personnes au dessus, je suis désolée, j’en ai raté. Mes excuses. Je vous laisse remonter et regarder. Est-ce qu’il y a d’autres partages qui veulent se faire ? Ou est-ce qu’on embraye tranquillement vers la fin ?

Najate : Excusez-moi je dois me sauver, merci beaucoup Diaba, c’est passionnant. Ça va très bien. Merci encore pour nos échanges. Belle soirée

Pierre Johan Laffitte : Les amies, je vais devoir vous quitter. Savati très bien ! Vos paroles sont des trésors. Merci d’accueillir nos nouvelles amies.

Evi : Moi je voulais dire juste que mon expérience c’est que avec le Quoi de neuf ou le conseil, c’est que plus ils sont jeunes, plus le conseil est authentique en fait. Et ça, quand même, je veux dire par rapport aux grands adultes où chacun joue un rôle ou chacun veut montrer, veut faire semblant de… Mais avec les jeunes, et là comme ça fait un an que j’ai quitté l’école, là j’ai j’y suis plus, ça je trouve ça me manque. J’ai eu ce sentiment que ça me manquait avec les tout petits, parce qu’on avait fait des conseils avec des tout petits pour faire de l’éducation civique, on parlait donc de ce que c’est la loi, tu vois, le gouvernement, etc. Et c’était vraiment adorable. Et c’était très facile. C’était vraiment très facile à faire. Voilà.

Servane : Je suis on ne peut plus d’accord avec ce que tu viens de dire. Est-ce que, du coup, Diaba, peut-être on te laisse le mot de la fin et après on va sur le Ça va-t’y et si jamais il y a des personnes qui veulent rester écrire, on peut, sinon non ?

Diaba : Ok. Bah, merci beaucoup du coup pour tous ces mots, toutes ces expériences, etc. Je pense que ça peut m’aider et du coup voir en gros la différence entre ce que ça aurait pu donner avec des enfants et des adultes. Même si par rapport à ce que vous avez dit, je pense que, enfin après c’est ma propre expérience là dont je vais parler, parce que en tant qu’élève, enfin quand j’étais plus petite, je faisais clairement partie de ces élèves, on va dire, silencieux. Et euh, on va dire que j’avais forgé un esprit, on va dire, d’élève, entre parenthèses, et j’étais pas forcément… bon, je vais pas dire moi-même, mais j’étais l’élève, j’étais pas la Diaba, entre parenthèses, si je peux dire ça comme ça. Mais sinon, merci en tout cas.

Servane : Du coup, on fait un petit Ça va-t’y et on se quitte là ? Alors, Evi ?

Jessica : J’écris ici : Ça va très bien, merci, hâte de poursuivre notre discussion.

Evi : Ça va-t’y complètement.

Servane : Merci. Fanny ?

Fanny : Ça va très bien, très enrichissant. Merci.

Servane : Aurélie ? Je sais pas si tu peux parler, sinon dans le chat. Non, Lorena ?

Lorena : Oui, ça va très bien. Merci beaucoup et contente de vous voir.

Servane : Ben écoute, nous aussi avec plaisir. Deborah ?

Deborah : Ça va-t’y. Merci beaucoup, c’était super, de vous voir, de partager avec vous.

Servane : Alors ensuite, j’ai Jessica, j’ai vu qu’elle avait écrit : ça va très bien. Merci, hâte de poursuivre notre discussion. Diaba ?

Diaba : Oui, ça va. Merci.

Servane : Del Aram ?

Del Aram : Ça va très bien. Merci. Bonne soirée à tout le monde.

Servane : Bonne soirée. Donc Pierre nous disait que ça allait très bien, que nos paroles sont des trésors et merci de d’accueillir nos nouvelles amies. Et puis ben pour ma part, tout va très bien. J’ai passé une excellente soirée. Donc je vous remercie à tous pour ça. Ben écoutez je vous souhaite une bonne bonne soirée et puis je vous dis à bientôt.

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